Fiche

  • Date de composition
    1981
  • Effectif instrumental
    MzS,S – ens. instr.*
    *(htb, cl, vlc, cb, 2perc(2cymb, cymb auto, tam-t, 2mara, 4bl chinois, vibra / 2 bong, 2toms, gr c))
  • Durée
    ~30'
  • Commanditaire
  • Dédicace
  • Création
    01.03.1984, Nice / Galerie des Ponchettes / Festival M.A.N.C.A., Ellen Kappel (MzS) et Irène Jarsky (S), solistes de l'Orchestre Régional Cannes-Provence-Alpes-Côte d’Azur, Detlef Kieffer (dir) – diffusion France-Culture
  • Reprises
    • 20.09.1984, Romans / Festival, Ellen Kappel (MzS) et Irène Jarsky (S), solistes de l'Orchestre Régional Cannes-Provence-Alpes-Côte d’Azur, Detlef Kieffer (dir)
    • 06.11.1984, Le Thaur (Avignon) / MC2, Ellen Kappel (MzS) et Irène Jarsky (S), solistes de l'Orchestre Régional Cannes P.A.C.A., Detlef Kieffer (dir)

Extrait audio

Editeur

Inédit

Alain Fourchotte

Médée

Opéra de chambre
pour mezzo-soprano, soprano et ensemble instrumental
sur un livret de Colette Bottin

 

L'histoire de Médée s'inscrit dans le cadre de la légende grecque des Argonautes.

Par amour, Médée princesse colchidienne, aida Jason et ses compagnons hellènes à conquérir la Toison d'Or. Elle mena la trahison des siens jusqu'au bout en abandonnant sa famille, son pays, sa culture, sa religion. Jason prit Médée pour femme et eut deux enfants d'elle. Bien qu'il ait toujours eu recours aux talents de magicienne de son épouse, il en vint à s'éprendre de Créuse, la fille de Créon, roi de Corinthe. Bafouée, Médée se vengea de Jason en tuant ses enfants et en retournant ses pouvoirs surnaturels contre sa rivale. Aux yeux des Grecs, Médée est avant tout une «  étrangère  » et une «  barbare  », par conséquent une femme cruelle, capable de renier jusqu'aux mouvements les plus naturels comme celui de la maternité.
Elle incarne également un stade primitif du monde antique avec ses pratiques magiques et ses sacrifices humains, apparaissant ainsi comme une passéiste face à un monde grec nouveau, plus «  civilisé  » et plus «  rationnel  ».

Notre propos a donc consisté à inverser cette vision du personnage et à envisager Médée, non plus du point de vue grec, mais du point de vue colchidien.
Dès lors, le drame de Médée est celui de tous les déracinés.
A l'aliénation ethnique fondamentale, répondent les aliénations religieuse (apostasie), morale (adultère et retrait des enfants), psychique (perturbations mentales).
On assiste ainsi à un rupture du monde intérieur, inhérente à tout déchirement, mais aussi à une lente remontée vers les origines (famille, divinités, culture) que suscite le vide créé par l'abandon.

De là, le choix du personnage unique : Médée est en effet le seul « lieu » où se jouent tous les aspects du drame.
De là, également, le dédoublement de l'héroïne.

A travers ses difficultés d'expression, «  M1  » représente la Médée authentique qui retrouve son identité : en se dépouillant peu à peu de ses fausses apparences, elle récupère son propre langage longtemps refoulé. Face à elle, «  M2  » incarne les états secondaires, voire seconds de Médée : elle renvoie comme en écho les mille et une images, non seulement de la Médée qui n'est plus, n'a jamais été, ne sera pas, mais aussi des êtres aimés ou haïs, tous reflets de l'aliénation, de la trahison, du bonheur impossible.

Enregistrement

Radio France

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Catalogue
© Alain Fourchotte